www.LeonardoTeacherofPaintinginMilan.com        last update:17/04/2008

 

"Apprécier l'art avec les yeux de Léonard de Vinci"
auteur Gottfried Matthaes

Une édition réduite et illustrée du "Traité de la Peinture" de Léonard de Vinci

 

Ce livre de 158 pages est illustré de 160 très belles photographies en couleurs. Publié par le Musée d'Art et de Science, il sert également de guide à l'exposition consacrée au Traité de la Peinture.

En raison de son importance, la version intégrale du traité devrait être un best-seller. Pourtant, elle est mal comprise et peu consultée à cause de la complexité de sa lecture et de ses innombrables répétitions.

Cette édition réduite présente une sélection des articles les plus significatifs et les plus importants pour l’évaluation d'une œuvre artistique. Tous ces articles sont exprimés en quelques lignes seulement qui reprennent les mots du maître de façon claire et compréhensible. En outre, ils sont illustrés de ses dessins, de ses peintures et d’autres objets d’art importants qui permettent de faire comprendre ses leçons.

Disponible en anglais et en italien, cet ouvrage est en vente au musée au prix de 20 €.
L'édition allemande et française sont en préparation.


Pour acheter l’ouvrage en ligne, cliquez ici

 

 

La Fondation Matthaes

L'histoire de la fondation a commencé au début du siècle dernier à Dresde. C'est en effet dans cette ville, qui était alors un centre de l’art moderne européen, que les familles  Matthaes et Kurau fondèrent une école de peinture en 1906.
La recherche de part des artistes de l’époque explique le volume et la qualité de certaines collections de cette école. C'est le cas de celle de la céramique gréco-romaine, dont le ministre des Biens Culturels a déclaré l’exceptionnel intérêt historique et culturel, et des collections d’art africain et d’art asiatique.

En 1917, le transfert des artistes de Dresde vers Berlin poussa l’école à prendre la route de la capitale allemande où ses activités, essentiellement en collaboration avec les organismes publics, sont bien documentées (ex. :  les décorations des grands murs du célèbre musée archéologique « Pergamon » en 1931). Dans les années trente, après la mort de ses fondateurs, l’école ferma ses portes mais ses collections furent conservées.

Au cours des années soixante-dix, la famille Matthaes reprit ses activités en publiant  une partie des collections sous une forme didactique et en ouvrant, en 1990, le « Musée du Collectionneur d’Art » de Milan. A partir de 2000, avec le transfert des autres collections restées jusque là en Allemagne, le programme d’exposition s'est enrichi d’expositions temporaires et permanentes et le musée prit son nom définitif, celui de « Musée d’Art et de Science » .

 

 

 

J’adresse mes plus sincères remerciements à mes enfants Patrizia et Peter et à Silvia Vaschetto,  sans lesquels ce catalogue n’aurait pu voir le jour.

 
 

 

 

 

Fondation Gottfried Matthaes
Via Quintino Sella 4, 20121 Milano

 

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« Il ne peut sans doute pas y avoir dans le monde un exemple d'un génie si universel, si capable de s'épanouir, si empli de nostalgie envers l'infini, si naturellement raffiné, si autant en avance sur son propre siècle et les siècles suivants. »

(Hippolyte Taine)

 

 

L'entrée de l’exposition

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Gottfried Matthaes

 

Apprécier l'art avec les yeux
de Léonard de Vinci

 

à travers la lecture de son

« Traité de la Peinture »

 

Une exposition permanente à Milan

 

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L’objet de l'exposition et de son catalogue

 « La peinture ne s’enseigne pas à qui n’y est pas apte » Cette affirmation de Léonard de Vinci rappelle un vieux dicton : « On peut apprendre la peinture, mais pas l’art ».

S'il est vraiment si difficile d’enseigner l’art, il doit être tout aussi difficile de le comprendre et de l’apprécier.
Il faudrait donc être un génie pour oser se lancer dans une telle entreprise et personne d’autre que Leonardo ne semble présenter toutes les prérogatives pour le faire.
Non content d'être un très grand peintre – trois de ses œuvres comptent au nombre des dix peintures les plus célèbres du monde : La Cène, La Vierge aux Rochers, La Joconde –, il se considéra en premier lieu comme étant un homme de sciences et il passa la plus grande partie de sa vie non pas à peindre, mais à observer, à étudier et à concevoir.
Ayant déjà l’âge de trente ans, alors qu'il s’adonnait aux activités les plus disparates à Milan, il se dit qu'il était devenu nécessaire de rassembler ses notes dans un document unique.

Pourtant, ce livre ne parut jamais. En partie à cause d'une caractéristique fondamentale du maître, que Vasari  décrivit ainsi :

 « Léonard a entrepris bien des choses et il n’en finit aucune ».
Le domaine de ses intérêts était trop vaste pour qu'il pût se concentrer sur un seul ouvrage.

Des exemples de cette particularité nous sont donnés par sa seule statue importante, le duc Francesco Sforza à cheval , qu'il conçut avec mille études et croquis, mais qu'il ne réalisa jamais, et par les grandes peintures qu'il a laissé inachevées ou qui ont été finies par d’autres.

Malheureusement, Léonard de Vinci nota toutes ses réflexions sur des morceaux de papier, en n’utilisant de quelques mots qu'il écrit dans son code, pas toujours compréhensible et où chaque argument était développé ou répété plusieurs fois.

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Vers la fin de ses jours, à Paris, il se rendit compte qu'il ne pourrait plus rassembler et classer les milliers de feuilles éparses et il décida ainsi d’offrir le tout à son élève et ami Francesco Melzi.
Depuis lors, nombreux sont les savants qui ont tenté de sélectionner les différentes notes, de les numéroter et de les illustrer, le cas échéant, avec les dessins du Maître, de façon à créer le « Traité de la Peinture ».
Toutefois, ce livre qui devrait être un best-seller est mal compris et peu consulté à cause de la difficulté de sa lecture.
La Fondation s'est proposé de rendre le « Traité » plus compréhensible, en s’engageant à utiliser exclusivement les mots des textes originaux, sans commentaires et sans modifications de la pensée du Maître, en se limitant à classer les sujets, à écourter les textes trop longs, à éliminer les multiples répétitions et à illustrer les concepts saillants.

Ce catalogue ne veut pas être un extrait du « Traité », mais une sélection réalisée dans le but de choisir les pensées de Léonard qui permettent à ceux qui admirent une peinture ou une sculpture de pouvoir observer l’œuvre avec la solide préparation qui est donnée par un « véritable maître ».
Le résultat que l'on en tire serait déjà un pas important vers l’appréciation des œuvres d’art.

Apprécier et comprendre l’art tel un concept intellectuel et spirituel ?  Léonard de Vinci avait peut-être raison.

Le choix des objets exposés

Léonard de Vinci nous a laissé d’innombrables dessins auxquels l'exposition recourt amplement. Pourtant, il n’a guère réalisé qu'une quinzaine de peintures et l'on ne connaît aucune sculpture importante qu'il ait réalisée. Il est donc impossible d’obtenir l'une de ses œuvres à montrer au sein de l'exposition.
Dans le Traité, Léonard présente ses pensées sans références directes aux styles, aux cultures et aux périodes historico-artistiques, ce qui laisse la possibilité de choisir les objets d’art les plus près possible des canons de l’art classique qui dominaient à cette époque-là.
Pour la numérotation des arguments, l'on a choisi l’édition italienne de Neri Pozza.

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Le choix du lieu de l'exposition

L'exposition est présentée au Palais Bonacossa, qui est le siège de la Fondation Matthaes et de son Musée d’Art et de Science », à quelques pas du Château Sforzesco, dont la cour accueillit Léonard de Vinci qui y passa les années les plus actives et les plus significatives de sa vie.

Le Palais au n° 4 de la Via Quintino Sella de Milan
et la Château Sforzesco

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PRÉFACE

 
Note pour la lecture du traité

Le traité de la peinture commence par un chapitre ayant un titre significatif :

Art. 1 La peinture est-elle ou non une science?

L'on met en évidence que Léonard se considérait en premier lieu tel un homme de sciences (la « science » comme on la considérait pendant la Renaissance).

Dans ce sens, une grande importance est prise par les articles 31, 32 et 34:

Art. 34 Faisant autant de sculpture que de peinture,

et exerçant l’une et l’autre à un même degré, il me semble pouvoir décider, sans trop risquer de me tromper, quelle est celle des deux qui requiert le plus d'imagination, présente le plus de difficultés et exige le plus de perfection...

Art. 31 La sculpture n'est pas une science, mais un art très mécanique,

puisqu'elle cause fatigue et transpiration à celui qui la réalise, et que suffisent à l'artiste les simples mesures des membres et la nature des mouvements. Elle trouve en elle-même son achèvement, montrant au regard ce qu'elle est ...

Art. 34 .. L'art de la peinture est admirable, plein de subtiles spéculations.. 

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Art. 32
Différence entre la peinture et la sculpture.

Je ne trouve pas d'autre différence entre la peinture et la sculpture, si ce n'est le fait que le sculpteur exécute son œuvre avec une plus grande fatigue physique que le peintre, alors que celui-ci la réalise avec une plus grande fatigue mentale. ...
Le sculpteur accomplit son œuvre à force de bras, frappant le marbre ou une autre pierre afin d'en supprimer les parties superflues, inutiles à la figure qui y est enfermée: exercice absolument mécanique, accompagné souvent  de grandes sueurs qui, avec la poussière, deviennent de la boue, et le visage est emplâtré,  tout enfariné de la poussière du marbre; .. et le logement crotté, plein de poussière et de gravats...
 

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Art. 32

.. C'est tout le contraire pour le peintre - et nous parlons toujours de bons peintres et de bons sculpteurs. Le peintre posément s'assied devant son ouvrage, correctement vêtu, et manie son léger pinceau aux délicats couleurs, portant les habits qu'il lui plaît. Son appartement est propre, orné de gracieuses peintures. Il s'offre souvent la compagnie de musiciens ou de lecteurs d'œuvres belles et variées, que l'on écoute avec le plus grand plaisir, sans aucun bruit de marteau ou d'autres outils.




 

 

PAUL-PROSPER ALLAIS - Raphaël dans l'atelier de Léonard
pendant l'exécution du portrait de Monna Lisa

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GUILLAM VAN HAECHT
Cabinet de collectionneur avec Apelle peignant Campaspe

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Pour expliquer sa préférence pour la peinture, menée de l’avant avec un esprit batailleur tout au long du Traité, il est possible d’évoquer de multiples raisons. La plus évidente nous est offerte par les œuvres de Léonard : de très belles peintures d'une part et, de l'autre, de long et laborieux travaux pour créer une seule statue, celle de Francesco Sforza à cheval, une œuvre qui s'est arrêtée à la réalisation du modèle.

Une autre explication doit être recherchée dans sa volonté de défendre les intérêts des peintres à qui, surtout à Florence , l'on réservait un rang inférieur à celui des poètes, des philosophes, des théologiens, etc..

Leonardo voulait démontrer qu'un bon peintre devait avoir de solides connaissances en mathématiques, en anatomie, en géométrie, en optique et en de nombreuses autres disciplines, en basant son art sur l’observation directe de la nature.

Une profonde analyse de ses motivations nous est offerte, dans la langue italienne, par les introductions du traité, celui qui a été édité par Giunti avec les introductions de Carlo Pedretti et de Carlo Vecce, celui qui a été édité par Tea Arte et par Neri Pozza avec l'introduction d’Ettore Camesasca.

Ces auteurs analysent et décrivent également l'histoire du Traité, des simples feuilles que Léonard nous a laissées, à la rédaction d'un livre à travers quatre siècles, en se basant sur les études plus récentes.

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LA PEINTURE

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Deux vues de la salle « Peinture »

La peinture – Le peintre
Le grand art de la copie

La couleur - L'ombre
Comparaison entre le noir et blanc et la couleur

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Art. 406
Le premier objectif du peintre.

La première intention .. c'est de faire qu'une surface plane se présente comme un corps relevé en relief et détaché de ce plan. Ce qui, dans cet art, dépasse le plus les autres et mérite la plus grande louange, c'est cette recherche .. qui naît dans les ombres et les lumières, ou si tu préfère le clair-obscur. ..

 



ANTONELLO DA MESSINA - Saint Jérôme dans son cabinet

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Art. 43
Deuxième principe de la peinture.

Il s'agit de l’ombre du corps, que l'on représente par la peinture ..


 



LÉONARD DE VINCI
 Sainte Anne, la Vierge, l’Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste enfant

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Art. 36
Comparaison entre la peinture et la sculpture.

La peinture comporte plus de raisonnement, d'art et de merveille que la sculpture, car le peintre est amené, de par la nécessité de sa profession, à se pénétrer de l'esprit   de la nature et à se faire l'interprète entre elle et son art ..
.. La peinture embrasse et réuni en lui-même toutes les choses visibles ..
.. Le peintre te fera percevoir des distances différentes grâce à la variation de la couleur de l'air qui s'interpose entre les objets et l'œil ..



MAESTRO DE LA SEO DE URGEL -
Saint Jérôme en pénitence

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Art. 36

Le peintre te représentera des objets transparents ..

 

 



FRANCESCO MELZI
(ami, élève et héritier de Léonard) – Pomone et Vertumne

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Art. 36

.. de même (le peintre te représentera) les brumes  .. les pluies, qui laissent voir après elles les nuages, les monts et les vallées.. et tant d'autres effets innombrables ..
 



THEODORE ROUSSEAU- Effet d'orage. Vue de la plaine de Montmartre

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Art. 322
Les attitudes des hommes.

Les attitudes des hommes doivent être présentées, avec l'aide de leurs membres, de façon qu'on devine l’intention du personnage.



ÉCOLE DE LÉONARD - Leda et le cygne

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Art. 6
La peinture embrasse les superficies, figures et couleurs des corps naturels ..

La peinture traite des surfaces, couleurs et figures de toute chose créée par la nature, tandis que la philosophie pénètre à l'intérieur de ces mêmes corps, pour étudier leur essence propre ...

 

 

LÉONARD DE VINCI – Détail de saint Jérôme

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Art. 3
Quelle science est la plus utile, et en quoi consiste son utilité.

La science la plus utile est celle dont le fruit est le plus communicable ..

L'œuvre de la peinture est communicable à toutes les générations de l’univers, parce qu'elle est soumise au sens de la vue .. La peinture présente à nos sens les œuvres de la nature avec plus de vérité et d'exactitude que ne le font les paroles ou les lettres ..

Mais nous avons dit que plus admirable était la science qui représente les œuvres de la nature, que celle qui montre les ouvrages de l'ouvrier, c'est à dire les ouvrages des hommes..

Manuscrit B - Paris, Institut de France 

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Art. 7
L'œil, en ses exercices, se trompe moins qu'aucun autre sens ..

L’œil a une notion plus juste de la distance voulue .. que n'importe quel autre sens, parce qu'il ne voit que par des lignes droites composant la pyramide dont la base est l'objet, dont le sommet est l'œil. Mais l’oreille commet des erreurs grossières sur la situation et la distance de l'objet, les sons n'y venant pas en ligne droite, comme les rayons visuels, mais par des lignes tortueuses et réfléchies..; l’odorat rend encore moins compte de l'endroit d'où provient une odeur; mais le goût et le toucher, qui entrent en contact avec l'objet sont les seuls à percevoir ce contact.

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Le Peintre

 

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Art. 45
Ce que le jeune doit apprendre en premier lieu.

le jeune doit tout d'abord apprendre la perspective. Ensuite, la mesure de chaque chose. Puis, sous la direction d'un bon maître, il doit s'habituer à des formes choisies, et copier d'après nature, pour vérifier la raison des choses apprises. Ensuite il doit voir des œuvres faites de la main de divers maîtres. Et, enfin, s'habituer à mettre en pratique et en œuvre son art.



LÉONARD DE VINCI – Étude de perspective pour l’Adoration des Mages

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Art. 9
Le peintre est seigneur de toutes sortes de gens et de toutes choses.

Le peintre est maître de toutes les choses qui peuvent frapper la pensée de l'homme, car s'il désire voir des beautés qui l'enchantent, il a le pouvoir de les engendrer ..

LÉONARD DE VINCI – Vierge à l’œillet

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Art. 9

.. et s'il veut voir des choses monstrueuses qui épouvantent, ou des choses bouffonnes et risibles, ou vraiment pitoyables, il en est maître et créateur. ..

 

PIETER BRUEGEL
Danse de paysans

     

JÉRÔME BOSCH
Triptyque de l'Hortus deliciarum

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Art. 9

.. En effet, ce qui dans l'univers existe par essence, présence ou imagination, il l'a d'abord dans l'esprit, et ensuite dans les mains, et celles-ci sont si expertes qu'elles créent à l'instant même l'harmonie de justes proportions, d'un seul regard, comme font les choses.

.

VINCENT VAN GOGH - Le champ de blé

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Art. 70
Un peintre n'est pas digne de louanges s’il n'est pas universel.

On peut clairement dire qu'ils se trompent, ceux qui appellent "bon maître" le peintre qui ne sait bien faire que des portraits ou des personnages. Il n'est évidemment pas extraordinaire qu'ayant étudié une sole chose tout au long de sa vie,  l'on parvienne à une certaine perfection. ..
.. Ne vois-tu pas toutes ces différents animaux, ces arbres, ces herbes et ces fleurs, cette variété des paysages montagneux et plats.. ces fleuves, ces villes, ces édifices..,  ces costumes, ornements et effets dans l'art? Toutes ces choses doivent pouvoir être reproduites, et de la meilleure façon, par celui qui tu veux appeler un bon peintre.

Art. 57
Préceptes du peintre.

N'est pas universel qui n'aime pas au même degré tout ce que contient la peinture. Celui qui n'aime pas les paysages pense qu'ils ne méritent qu'une simple et brève recherche; comme notre Botticelli, qui disait cette étude vaine, puisqu'il suffit de jeter contre un mur une éponge imbibée de différentes couleurs pour qu'elle y laisse une tache où l'on peut voir un joli paysage. (voyez section art moderne).
.. Et le peintre ne question fit ainsi de bien tristes paysages.

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LE TINTORET
Tête virile

     

SANDRO BOTTICELLI
La naissance de Vénus

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Art. 97
Reproduction d'un nu ou d'autre chose d'après nature.

Aie l'habitude de tenir en main un fil à plomb pour pouvoir apprécier l'inclinaison des choses.

 

Art. 85
Les portraits des nus.

Lorsque tu reproduis des nus , fais-les toujours entiers, puis finis le membre que te paraît meilleur et fais-le concorder avec les autres membres. Tu prendrais autrement l'habitude de ne jamais bien rattacher les membres entre eux. ..

 

Art. 75
Variété des figures.

Le peintre doit essayer d'être universel, parce que s'il fait bien une chose et mal une autre, il manque beaucoup de dignité. Nombreux sont les peintres qui n'étudient le nu que si sa belle allure est bien proportionnée, sans rechercher sa diversité; car un homme peut être bien proportionné tout en étant gros et de courte taille, ou grand et mince, ou moyen. Ceux qui ne tiennent pas compte de cette variété, font des personnages qu'on dirait stéréotypés, ..  

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(*) Voir la note au bas de la page

     

Cahier d’anatomie V

 

(*) Copie se basant sur des gravures contenues dans le Code Urbinate, copiées à leur tour à partir des originaux de Léonard

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Le grand art de Copier

Art. 4
Des sciences imitables; et comment la peinture, tout inimitable qu'elle soit
, est cependant science.

Les sciences imitables sont celle où le disciple devient l'égale du maître.. Celles-ci sont utiles à l’imitateur, ma ne sont pas aussi excellentes ..

La peinture .. ne peut pas s'enseigner à qui la nature ne le permet pas ..



Section réservée aux copies

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La Dame à l’hermine
de Léonard de Vinci
(copie récente de F. Pari)

 

 

 

Agrandissement de la tête du tableau original. Les marques du temps soulignent le charme de l’image.

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Art. 4

..  On ne peut pas (pour la peinture) en faire un moulage, comme pour la sculpture, dont la reproduction vaut l'original ..
.. Celle-ci (la peinture) ne se copie pas comme on copie les œuvres littéraires, dont le double vaut autant que l'original..
.. Elle n'a pas une infinité d'enfants, comme les livres imprimés.

.. Elle seule (peinture) reste noble, elle sole honore son auteur, demeurant précieuse et unique, sans jamais mettre au monde des fils qui lui soient égaux. Et c'est justement cette singularité qui fait qu'elle surpasse toutes celles qui sont publiées partout.

Ménades en  terre cuite (Grèce, IIe  siècle av. J.-C.)

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LES COPIES ET LES COPISTES

(observations sur les pages qui suivent)

Les copistes les plus habiles étaient les grands peintres et Léonard en est un exemple. Ils travaillaient presque toujours sur commission et si une peinture plaisait, d’autres clients en commandaient une copie.

Il existe plusieurs versions du célèbre tableau « La Vierge aux rochers ». La première a été exécutée sur une commande de la Confraternité des Franciscains de Milan. La deuxième version est enrichie des auréoles et du bâton, attribut de saint Jean).

Pour la troisième version, Léonard a été aidé, plus qu’à l’accoutumée, par ses élèves.

Nous avons des nouvelles de l’école de Léonard par le biais de Frà Pietro da Novellara, qui, en visitant Milan, vit « des tableaux peint par deux élèves et auxquels le maître mettait la main de temps à autre ».

Le dernier tableau, lui aussi d'une très haute qualité picturale, a été exécuté par un peintre anonyme.

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LÉONARD DE VINCI - La Vierge aux rochers (1e version)

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LÉONARD DE VINCI - La Vierge aux rochers (2e version)

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ÉCOLE DE LÉONARD - La Vierge aux rochers

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ANONYME D’EUROPE DU NORD - La Vierge aux rochers

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Les deux détails agrandis des peintures précédentes révèlent le grande habileté, le travail et la patience des peintres et des copistes des siècles derniers.

 

 

LÉONARD DE VINCI
 
Détail de la Vierge aux
rochers  (1e  version)

   

ANONYME D’EUROPE DU NORD
Détail de la Vierge aux rochers  

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La Couleur

 

 

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Art. 186
L’accompagnement des couleurs l’une par l’autre, pour qu'elles se rendent mutuellement plus belles.

Si tu veux obtenir qu'une couleur donne de la grâce à celle avec laquelle elle voisine, mets en pratique la règle que l'on voit appliquer par les rayons du soleil dans la composition de l’arc-en-ciel, que l'on appelle aussi iris ..
 

Art. 186

Il reste une seconde règle, qui ne cherche pas à faire en sorte que les couleurs paraissent d'une plus grande beauté qu'elles ne le sont naturellement, mais selon laquelle la compagnie de l’une donne de la grâce à l’autre, comme le vert pour le rouge, le rouge pour le vert et le vert pour l'azur.
Et il y a une autre règle, celle de la compagnie disgracieuse
, comme c'est le cas pour le bleu ciel avec le jaune, qui le fait blanchir, ou avec le blanc, etc., dont on parlera en temps utile.


 

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Art. 255
La vraie couleur.

La vraie couleur d'un corps quelconque apparaîtra dans la partie qui ne sera atténuée par aucune sorte d'ombre  ni aucune brillance, s'il s'agit d'un objet poli.  (Manteaux rouges et jaunes, zones sans ombre)

ALBRECHT DURER – Déploration sur le Christ mort
 

 

 

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Art. 254
Les couleurs

Entre des couleurs d'égale perfection, se montrera plus excellente celle que l'on verra en compagnie de la couleur qui lui est directement opposée. ..

.. Toute couleur se distingue mieux sur celle qui lui est opposée que sur celle qui lui est semblable, de même que la couleur sombre sur la claire et la claire sur la sombre ..



 

AMBROGIO DE PREDIS - Portrait de jeune  

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Art. 186

Si tu veux réaliser une parfaite obscurité, soit bien attentif à lui donner pour contraste une parfaite blancheur ..

Art. 254

Lorsque le blanc confine avec une couleur sombre, à leur démarcation cette dernière paraît plus noire et le blanc paraît plus éclatant ..

CARAVAGE – Vierge des palefreniers  

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Art. 254
Les couleurs.

.. Le milieu qui s'interpose entre l’œil et la chose que celui-ci regarde modifie la couleur de cette chose, comme c'est le cas pour l’air bleu qui donne aux montagnes lointaines des teintes bleues ..

Art. 449
L’azur, dont le lointain des paysages semble coloré.

Des choses éloignées de l’œil, de quelque couleur qu'elles soient, c'est celle qui présente une plus grande obscurité .. qui apparaîtra d'une couleur plus bleutée. (Moins d’air réfléchissant entre l’objet et l’œil)



LÉONARD DE VINCI
Détail de la Vierge aux rochers (2e version
)

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Art. 251
Les couleurs

En eux-mêmes, le bleu et le vert ne sont pas des couleurs simples. Le bleu en effet est composé de lumière et de ténèbres, comme le bleu de l’air, c'est à dire d'un noir parfait et d'un blanc extrêmement pur..

Art. 445
La chose qui se voit de loin.

La chose obscure qui sera plus éloignée de l'œil est celle qui apparaîtra la plus claire. (Plus d’air réfléchissant entre l’œil et l’objet)

Il s'ensuit qu'à l'inverse, la chose obscure qui semblera de plus grande obscurité est celle qui se trouvera plus rapprochée de l’œil ..



LÉONARD DE VINCI – Détail de sainte Anne, la Vierge et l’Enfant

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Deux tableaux sans la représentation du bleu de l’air

 

ALBRECHT ALTDORFER
Saint Georges dans la forêt

   

BARTOLOMEO ET POMPEO MORGANTI
Saint Michel qui terrasse Lucifer et le Christ qui ressuscite
Lazare

 

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L’Ombre dans la Peinture

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Art. 434
La peinture est composition de lumière et de ténèbres..


 Dessins en noir et blanc de « l’Ecole d’Athènes» de Raphaël
et de la « Cène » de Léonard.

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Art. 434
.. mélangées ensemble aux diverses nuances de toutes les couleurs simples et composées.





 

Les deux peintures finies
(Milan, Santa Maria delle Grazie et Biblioteca Ambrosiana)

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Art. 407
Qu'est-ce qui est le plus important dans la peinture: les ombres, ou leur linéaments?

Ce qui demande le plus de recherche et de réflexion dans la peinture ce sont les ombres et non leurs linéaments. La preuve en est que l'on peut calquer les linéaments à l'aide de voiles .. . Mais les ombres ne peuvent bénéficier d'un pareil procédé, leurs limites étant insensibles, confuses même la plupart du temps, ainsi qu'il est démontré dans le livre sur les ombres et les lumières.

SANDRO BOTTICELLI - Le Printemps

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Art. 537
Que sont l'ombre et la clarté, et laquelle est la plus puissante?

L'ombre est privation de lumière et simplement opposition des corps opaques qui interceptent les rayons lumineux. L'ombre est de la nature des ténèbres, tandis que la clarté est de la nature de la lumière, L’une cache et l’autre montre. Elles s'accompagnent toujours dans les volumes. Mais l’ombre est plus puissante que la clarté, puisqu'elle interdit la lumière et en prive entièrement les corps, tandis que la lumière ne peut jamais en chasser totalement l’ombre, du moins pour ce qui est des corps opaques.

FRANCISCO GOYA - El hechizado por fuerza

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Art. 91
Dessins avec des ombres simples et composées.
 

Ne pas reproduire à la maison une figure éclairée par une lumière unique .. universelle de la campagne sans soleil, car la campagne fait une ombre simple, tandis que la lumière unique, de la fenêtre ou du soleil, donne une ombre composée, c'est à dire mélangée à des reflets.



(Fig.) Bayonne, Collection Bonnat

LÉONARD DE VINCI - Ginevra de' Benci

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Art. 90
Dans quelles circonstances l'on doit faire le portrait d'un visage pour lui donner la grâce du clair-obscur?

Le clair-obscur ajoute une grande grâce aux visages de ceux qui sont assis aux portes d'habitations sombres. Les yeux qui les regardent voient la partie ombragée de ces visages obscurcie par les ombres de l'habitation, et la partie éclairée augmentée de la clarté que lui donne la splendeur de l’air. Grâce à cette augmentation d'ombres et de lumières, le visage reçoit un grand relief. En la partie éclairée, les ombres sont presque insensibles.. Par cette représentation et augmentation de clairs et d'obscures, le visage acquiert une grande beauté.

FRANCESCO MELZI - Flora

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Art. 232
Les degrés de peinture.

Ce qui est beau n'est pas toujours bon. Je dis ceci pour les peintres qui aiment tellement la beauté des couleurs que, non sans grande application, ils leur donnent des ombres très faibles et presque imperceptibles, sans en apprécier le relief. Et c'est la même erreur que celle des beaux parleurs qui n'arrivent à aucune conclusion.

BEHZAD - Le calife et le barbier

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Art. 461
Les taches d'ombres qui apparaissent de loin dans les corps.

La gorge, ou toute autre partie verticale qui aura au-dessus d'elle une partie saillante, sera toujours plus obscure que la face verticale de ladite saillie. Il ensuite que le corps que l'on verra le plus éclairé est celui qui sera vu d'une plus grande quantité d'une même lumière. ..

  

 Page 433 – Livre de la Peinture
                            (éd. Giunti)
        

 

Florence,  Offices

.. Mais ce que je dois te rappeler sur les visages, c'est que tu observes dans ceux-ci comment, à diverses distances, se perdent diverses sortes d’ombres et que ne restent que les premières taches..


    

     Détail d'une icône russe du XIXe siècle.
     (visages à taches blanches)

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La Lumière dans la Peinture

 

 

Art. 221
La clarté des paysages.

Jamais la couleur, la vivacité et la clarté des paysages peints ne seront conformes aux paysages naturels qui éclairent le soleil, si ces reproductions ne sont pas éclairées par ce même soleil.

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